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"le changement dans la continuité

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L’interminable feuilleton grec nous a rendu d’inestimables services. Outre le prétexte à une hausse inexorable des actifs boursiers de type “effet Pénélope” (chaque jour qui passe entretenait l’espoir d’un achèvement de l’ouvrage), cette polarisation du débat a permis d’occulter la plupart des sujets moins porteurs. Nous pensons notamment au creusement des déficits commerciaux de tous les pays du Sud de l’Europe, à commencer par la France.

 

 l’ISM demeure au-dessus du seuil d’expansion des 50… Ensuite parce que c’est tellement plus mauvais que prévu que Wall Street se voit conforté dans l’anticipation d’un QE3 éternel (comme si la série noire des indicateurs publiés jeudi dernier n’y suffisait pas).

▪ Revenons en Europe…
Les perspectives continuent de se dégrader en Espagne ; les ventes de détail poursuivent leur effondrement, les ventes de voitures ont chuté de 15% en février. Madrid prévoit désormais une contraction du PIB de 1% en 2013 au lieu d’une contraction de 0,5% lors de ses précédentes prévisions.

 

Nombre d’économistes anticipent depuis longtemps une récession comprise entre -1,5% et -2% cette année. Le gouvernement de M. Rajoy est encore loin du compte mais il serait en train de négocier un nouvel objectif de déficit budgétaire de 6% du PIB en 2013 auprès de la Commission européenne, au lieu de 4,5% initialement.

   

Silvio Berlusconi, désormais en tête dans les sondages, ne manquera pas d’essayer de torpiller les manoeuvres politiciennes de l’actuel président Giorgio Napolitano.

 

▪ Chypre, ça n’arrête pas !
La meilleure nouvelle du week-end provient certainement de Chypre, cependant, où de nombreuses rumeurs font état de fuites massives de capitaux avant l’élaboration du “plan de sauvetage” européen puis durant la période de mise en rideau du système bancaire local.

 

Ouf, nous avons eu chaud ! Les médias et Bruxelles avaient tenté de nous faire croire que les “gros poissons” — notamment de gros déposants non-résidents — allaient enfin contribuer au renflouement de l’île… mais il y a tout lieu de penser  qu’ils ont réussi à s’échapper, via Londres, vers d’autres paradis fiscaux comme le Luxembourg, la Hollande, la Lettonie ou tout simplement la Suisse.

 

D'’autre rumeurs font état de transferts massifs de capitaux opérés fin février/début mars par des proches de l’ancien président mais également de celui récemment élu. Il y aurait également l’effacement inexpliqué de nombreuses dettes contractées par des hommes politique chypriotes auprès des banques locales… au prétexte que le remboursement ne leur était pas réclamé.

 

Si nous résumons la situation, les milliardaires fuyant le fisc russe et certaines catégories d’emprunteurs un peu “particuliers” vont certainement s’en tirer sans trop de casse. Ce sont les simples particuliers ou les entreprises chypriotes qui vont devoir financer la quasi-totalité du renflouement de l’état et du système bancaire.

 

Du coup, ce ne sont plus 30% qui vont être ponctionnés en moyenne au-dessus du seuil des 100 000 euros mais au minimum 60% — voire la quasi-totalité de leurs avoirs pour les déposants de la banque Laiki en liquidation (les économies de toute une vie pour nombre de retraités, ou la trésorerie de nombreuses entreprises qui vont pouvoir mettre la clé sous la porte dès ce mardi)..

  

Prudent, le président Nicos Anastasiadès ne se risque pas au jeu des pronostics concernant l’ampleur de la récession qui va frapper l’île cette année et l’an prochain. Il a bien raison car en fait, ce qui va survenir s’appelle une dépression… et elle sera d’une ampleur telle qu’il n’en a plus été observé dans un pays occidental depuis la crise argentine au tout début du 21ème siècle.

 

Compte tenu de la dévaluation compétitive du dollar et du yuan orchestrée depuis le début des années 2000 par les deux principaux concurrents de l’Eurozone, la politique de l’euro fort prônée par l’Allemagne achève de décimer le tissu économique des pays du Sud.

 

Le gouvernement japonais est presque heureux d’annoncer une contraction de 2,3% du PIB nippon en 2011 et de revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2012. Rappelons que le gouvernement a aussi dévoilé la semaine dernière une forte dégradation de sa balance commerciale suite aux événements dramatiques de la mi-mars 2011.

 

La petite entreprise (française) connaît la crise
La France affichait 70 milliards de déficit à fin 2011, non seulement parce que le coût de l’énergie atteint de nouveaux sommets, mais aussi parce que l’Hexagone apparaît de moins en moins compétitif par rapport à des entreprises allemandes. Ces dernières sous-traitent massivement vers la Pologne ou la Slovaquie mais elles continuent d’apposer le label made in Germany.

 

Les entreprises étrangères ont peu investi en France (2,77 milliards d’euros l’an dernier). En revanche, les entreprises françaises ont investi massivement dans des pays à bas coût : près de 5 milliards d’euros et l’implantation de Dacia au Maroc — dans une zone franche de surcroît –est hautement emblématique.

 

Apple nuit gravement à la balance commerciale des Etats-Unis.
Sauf que le titre Apple n’est pas le reflet du succès de l’économie américaine, mais d’un modèle économique qui réussit à ses actionnaires mais nuit gravement à la balance commerciale des Etats-Unis.

 

Les profits d’Apple ne rapportent pas un dollar de recettes sur les dividendes au fisc américain, puisque la firme ne redistribue rien de ses profits stratosphériques.

Aujourd’hui, personne n’est en mesure de déterminer ce qu’Apple compte faire de ses 100 milliards de dollars de trésorerie, puisque la société ne saurait trouver sur le marché de cible plus rentable… qu’Apple



30/07/2013
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